Conférence << le «je » de Boole >>


Notre charabia comprendra deux points :

I / le  <je> freudien et le < je> booléen.

II / noodrome et boolodrome.


I / le « double je »


Le mieux est de commencer par une observation :

«  revenir aux choses elles-mêmes »

comme le disent, chacun très différemment, Durkheim et Husserl. Cessons d’invoquer des références : et vous qu’en pensez-vous ?

Socrate va montrer que l’esclave inculte « sait » la géométrie. Comme <monsieur tout le monde>. Revenons à des choses élémentaires, un grand mot : à une phénoménologie du sens tactile : le toucher.


Avec ma main droite je touche le dos de ma main gauche, je palpe, je vais

et viens, je caresse, je prends conscience de la simultanéité de deux objets, de leur distance et de leur rencontre, à la fois de la discontinuité et de la continuité; apparaît l’espace-temps. Et si, avec Husserl, je veux approfondir,

faisant ce qu’il appelle une réduction phénoménologique, se profile, se psychanalyse, se traduit, s’exprime comme une sémantique lumineuse une

structure logique :






(xy).=.

(-xy)

(x-y)

(xy)

1

1

1

1

0

0

1

1

0

1

0

1

0

1

1

0


Thème ou version selon le point de vue.

x et y .=.(non x ou y) et( x ou non y) et( x ou y)



Qu’est-ce que  « ça » veut dire  ? .=. Qu’est-ce que « je » veux dire ? 2


Dans la palpation «  x et y » signifie la simultanéité de deux objets,

Laquelle inclut ou conjoint un va et vient de chaque côté c’est-à-dire

Une disjonction sans exclusive vers non x et vers non y, ce que complète

L’alternance entre x et y.

Dans cette formule je conjoins 3 continuités. Les continuités sont des  « ou »

non exclusifs. Le discontinu est limite de continuités.

Autre aspect capital que révèle cette « phénoménologie » :le sens externe

du toucher est en structure indissoluble avec 3 sens internes que sont la prospection du futur (ici immédiat), la mémoire du passé immédiat, et la

perception qui porte sur le présent passant dans sa continuité.

Ainsi on entre en psychanalyse. On commence comme ça. Pas plus concret,

pas plus abstrait, cette science. Alors mauvaise réputation :pauvre Freud !

« on va vous apprendre à faire l’amour ! » à faire des caresses appuyées et distinguées ! n’est-ce pas ? Le temps nous manque. On pourra continuer avec les sens du besoin :le goût et l’odorat, de l’ouïe, de la vue, conjointement avec les sens internes. Il faut dire les sens , pluriels en structuralisme.

Un tableau est proposé au public sous le titre du thème du festival AEP 2006

<<video ergo sum>>, <<je suis, je vois des objets du monde>>.

On y découvre la fête des sens, comment une psychanalyse peut proposer

une architecture où tous les arts dansent leur farandole.

Logique, éthique et esthétique forment bien le royaume de l’analyse.


Le « je » de Boole a pour formule logique : e°,

e° est élément neutre de l’opérateur : ou :

e° est l’ensemble vide de « l’ensemble des parties d’un ensemble »

Dans le calcul logique booléen il est le 0, e° .=. 0

tandis que l’univers (du discours) est 1, e² .=. 1

De ce 0 et ce 1 on peut tirer une infinité de formules numériques et littérales

Par un développement combinant les variables par les opérations * :et,ou,non.

La question : le je de Freud est-il le je de Boole ?

Non ! mais…

La question relève de la philosophie :comme épistémologie.

On peut distinguer 4 types de sciences, ou de scientificités

selon le tableau hypothétique suivant  (à justifier ailleurs) :


sciences

Consistance

complétude

abstraction

jugement

raisonnement

Psychique

0

0

sujet

croyance

traduction

Mathématique

0

1

formelle

savoir

déduction

Physique

1

0

totale

opinion

induction

métaphysique

1

1

substance

doute

réduction


La consistance est : la non contradiction et l’autonomie de fondement.

La complétude est la non limitation des parties ou infinité.

La science psychique est inconsistante car son sujet-objet est la contradiction elle-même ,consciente ou non, le constituant comme doute libre qui peut juger.

La mathématique, selon les théorèmes de Goëdel, est hétéronome. Elle étudie des structures contradictoires (à préciser).

Elle est complète admettant l’infinité de ses parties.(à préciser en « continu »)

La physique est essentiellement incomplète car l’univers réel physique de la matière est un ensemble d’objets distants dans le vide.

Les privilèges axiomatiques de la métaphysique de l’être sont la rançon de sa pauvreté.


La métaphysique est transcendantale et donc immanente aux genres ,aux espèces et aux opérations, et à toutes les catégories ontologiques et syntaxiques déjà indiquées dans la logique d’Aristote. Son axiomatique, autonome, la seule à mériter ce nom, fonde l’hétéronomie des autres sciences. Toutes ces sciences collaborent sans confusion comme les instruments dans un orchestre. Toujours diviser et unir pour régner avec sagesse.

Soit par exemple le réseau booléen , qui est un treillis, parce qu’il est doué d’idempotence : x&x&x…=.x ; x².=.x ; répétition dans l’identité. L’idempotence exprime la subsistance, la constance, la permanence de la substance métaphysique et appelle la répétition du temps qui dure.

L’univers logique du discours est-il identique à l’espace géométrique ?

Non, bien sûr. Mais on parle géométrie avec logique. Il y a un « je » géomètre.

Pas de géométrie sans un « je » dans l’espace imaginaire qu’il crée.

Et surtout il n’y a pas de continuité spatiale, pas d’espace–temps en logique.

La géométrie analytique avec son calcul différentiel et intégral introduit l’espace et potentiellement le temps qui s’épanouira en mécanique quantique où le temps devient une 4° dimension spatiale. Peut-on loger l’ensemble vide logique dans le vide réel physique observable et mesurable ? Non ! Reste :

L’univers logique du discours est-il identique à l’univers du sujet psychique ? 4


Le  « je » booléen est-il le « je » freudien ?


Notre observation préliminaire le prouve mais de manière lacunaire dans la

mesure où l’analyse psychique n’est pas seulement une affaire « gnosique » de connaissance, sombrant dans un logicisme obsessionnel procustéen. On développera en 2ème partie les volets pathique et praxique.


II/ noodrome et boolodrome



Comme le mot l’indique le noodrome est un chemin « gnosique »,une

pratique de connaissance, une voie. D’où vient-il ? Où va-t-il ?

On essaiera de montrer que le parcours a trois phases expliquant quelques propriétés de la psychanalyse qui est :une science logique dialectique, une éthique libérant de l’hétéronomie, un art esthétique créateur en autonomie.


Arrivé à ce point on a l’impression de s’adosser à toute l’histoire de la philosophie, de rester dans le projet de la tradition grecque, renaissante, puis

Classique avec Descartes, Spinoza, Leibniz, Kant, Hegel…Philosophie qui

toujours anime la recherche scientifique, mère nourricière coupant le cordon

ombilical à ses enfants, partageant son patrimoine, avec sagesse dont la

fonction est de mettre de l’ordre : « sapientis est ordinare ».


En somme il faut bien commencer par un travail d’analyse cognitive dont

Le moteur de recherche est la prise de conscience du pouvoir souverain libérateur que me donne le doute radical, la suspension du jugement.

Je suis la contradiction. Mais le centre de l’analyse est pathologique ,

Affectif, conflit entre les pulsions, éros et thanatos, les structures du moi,

Narcisse et Œdipe. Le transfert et le contre-transfert : travail de libération

des aliénations et des hétéronomies. Suit enfin la phase de synthèse que

l’analysant est seul habilité à créer sur soi-même : l’autonomie.


La liberté du « je » contradictoire est la condition fondamentale de toute la 5

procédure analytique. En ce sens il n’y a pas à libérer le sujet, il est déjà libre

Et il ne le sait pas. C’est bien lui qui va détruire toutes les aliénations, toutes les Structures pour « se » reconnaître et reconstruire autrement peut-être à la fin.


Le « ça » est le cheval de Troie de l’analyse; l’ennemi est infiltré dans la place.


L’analyse didactique réservée à l’étudiant en psychanalyse est une méthode d’ apprentissage de la traduction. Elle insiste sans excès sur des travaux pratiques

et exercices jouant un rôle de catharsis, de purification des préjugés, opinions, et dogmatismes qui peuvent encombrer et aliéner l’intelligence. C’est la « cure » de logique booléenne, le jeu de Boole, purement formel, sans prétention doctrinale ni théorique.


Ces exercices présentés sur le site <noodrom.net> sont principalement :

littériser un numérique, numériser un littéral, décliner une expression, un groupe, conjuguer une expression, un groupe, un treillis, un réseau ;

traduire un symptôme, un comportement, une situation, un événement, un phénomène social , un texte d’auteur, classique ou quelconque, un bavardage, un récit de rêve, un mot d’esprit, un scénario de spectacle : cinéma, la comparaison d’articles de journaux sur une même dépêche d’agence…



Paul Duponchel